Double-jeu d'un faux-poète que je ne nommerai pas, déception de lecteurs qui s'étaient émus d'un écrit évoquant sa situation familiale soit-disant dramatique. Pour moi , le poète n'obéit pas à la même éthique que le romancier (à moins que ce dernier ne publie une autobiographie, et quand bien même : il aurait encore le droit de broder !) Excepté lorsque cela est clairement annoncé, la poésie n'est jamais censée rejoindre la fiction, n'est-ce pas ? Dans les romans, la voix du narrateur, ou celle du personnage principal, véhiculent souvent le point de vue de l'auteur; mais l'inverse peut tout aussi bien se produire. C'est là le privilège du romancier: il jouit d'un vaste champ de liberté. En revanche, il me semble que la mission du poète, c'est de clamer sa vérité, quelle qu'elle soit, dans chacun de ses poèmes, sans aucune duplicité. Si l'art procède avant tout de la création, pour le poète la transparence doit e...