dimanche 24 avril 2016

PORTRAIT




Lui et son autre
se juxtaposent
parfois se superposent
jamais n’en formant qu’un.

Franchissant le miroir
d’un bond ils s’épousent
se fondant l’un en l’autre
jamais n’en formant qu’un.

Ils trompent le regard
se jouent du verre sans tain
se confrontent, s’attirent
se prennent par la main

jamais n’en formant qu’un.

L’un a la plume espiègle
l’autre le verbe tendre

pour taire qu’ils ne sont qu’un.







mp



vendredi 1 avril 2016

ELLE N’A MÊME PAS PLEURÉ



Un frère un peu enfant
qui parcourait les routes
échangeant
qui voyageait au fil des pages
rencontrait des visages
apprenant

Cabanes de pêcheurs
refuges en alpages
rivages
champs de blé
où glissait le vent
l'habitaient.

Lui n'habite plus la douceur du béton
Il file sur les plaines
il franchit les ponts
son camion tremble sous ses mains
mais il ne sent
plus rien


Petite sœur je sais
tu n'es pas ma mère
Laisse-moi au moins
m'appuyer contre ton arbre
m'adosser à son tronc
boire à son feuillage

Petite sœur, ouvre la porte
du jardin
J'ai soulevé la poussière
j'ai perdu mon chemin
seule me guide l’Étoile 
Polaire

Mais une mer sans cesse
se dresse, s’élève
et aboie contre le vent
c’est un mur mouvant
un mur vert et froid
C’est toi.


mp