mercredi 24 juin 2015

LES HOMMES-FOURMIS



Les montagnes se meuvent,
leurs épaules se cognent.
Pachydermes
à la peau épaisse,
aux ongles secs,
aux pieds pesants.

La terre tremble,
des gouffres s'ouvrent
sous le souffle
de leur trompe,
balancier
à l'âcre haleine.

Les hommes reculent,
écartent les bras
et crient dans leur chute,
arrachant les pierres
qui entaillent
leurs genoux.

Même les racines,
cordes vivantes,
fileuses de lymphe
et de sang
tendent des pièges
humides.

Les éléphants sont passés,
leur pas lourd
résonne encore
et les hommes-fourmis
en colonnes denses
remontent lentement.








mp


vendredi 5 juin 2015

LE JOUR SE LEVE SUR LES OMBRES





Un monde
de nuits violentes
de résilles pourpre,
de visages
qui mentent.

Silhouettes furtives
dans la venelle.
Dos voûtés
en sombres
conciliabules.










Le jour se lève
sur les ombres
et baigne les pavés sales
d'un hâle
de tendresse.

L'avenue se colore
des bruits qui montent
aux fenêtres
de deux mondes
qui s'ignorent

























                                                   mp